Tuesday, February 22, 2011
CHANGEMENT DE TITRE
SORTIE LE 28 AVRIL 2011
Saturday, January 15, 2011
Lancement de mon site officiel
Avec je vous annonce avec un grand plaisir le lancement de mon site officiel
www.eliehanson.com
Visitez-le! Vos commentaires sont les bienvenues!
Friday, September 10, 2010
MESSAGE IMPORTANT pour faciliter la navigation...
Saturday, September 4, 2010
Extrait no 16 - Chapitre 5
Chapitre 5
17 octobre 2007… région de l’Argonne…
La ville disparaissait sous des trombes d’eau glacées. À croire que le pays s’était transposé dans une zone tropicale, tellement il pleuvait. Seule différence, le froid qui m’enveloppait le corps et me transperçait les os. Suivant l’itinéraire que m’avait indiqué l’assistante, je quittais la ville. Les essuie-glaces émettaient un couinement douteux à chaque coup de balai sur le pare-brise. Ils peinaient à effacer les giboulées de pluie torrentielle. Je compris la signification des paroles de Michel, quand il disait que son auto était économique : il n’avait pas changé les essuie-glaces depuis au moins une dizaine d’année.
Au bout de quelques kilomètres parcourus sur des petites routes départementales avec une visibilité presque nulle, je me demandai par quelle protection divine j’avais pu atteindre ma destination.
Un petit chemin pavé me conduisait à une propriété cossue. Des murs assez hauts encerclaient la grande maison. J’arrêtai l’auto non loin du portail. Je sonnai le carillon sur le côté du portail métallique, de
— Oui !
— C’est Alain Thibault, j’ai un rendez-vous avec Docteur Mont Chevrier.
— Entrez, vous pouvez garer votre voiture à l’intérieur de la cour.
Où voulait-elle sinon que je laisse mon auto par ce temps horrible?!
Le portail fit un déclic et s’ouvrit. J’avançai lentement l’auto et l’arrêtai près de la porte du bâtiment. Avant de la quitter, je pris le temps de jeter un coup d’œil sur la bâtisse. L’impressionnante demeure se découpait sur un fond de ciel illuminé ça et là par des éclairs. L’importance de la bâtisse témoignait de la richesse et de ses origines bourgeoises. Je traversai la cour pavée en vitesse et gravis l’escalier de marbre, deux marches à la fois.
La grande porte en bois s’ouvrit comme par enchantement. Une grande salle de dalles marbrées menait vers un autre escalier, couvert d’un tapis cramoisi d’une épaisseur impressionnante. En haut de celui-ci, une femme de taille moyenne, vêtue d’un tailleur orange élégant, m’attendait. En arrivant en haut des marches, elle me tendit une main délicate et se présenta :
— Corinne Delorme, l’assistante du Docteur.
— Enchanté, dis-je en évitant de croiser mes yeux avec les siens.
— Laissez-moi vous débarrasser de votre veste. Elle joignit le geste à la parole, en tendant ses mains vers moi pour récupérer ma veste trempée. Elle l’accrocha au porte- manteau. Il vous attend dans le salon, ajouta-t-elle. Suivez-moi.
Je la suivis, tout en admirant sa gracieuse silhouette si bien proportionnée.
Elle m’introduisit dans un salon confortable, meublé à l’anglaise. Un feu crépitait dans une immense cheminée.
Un vieil homme mince, à la peau flétrie, en costume trois-pièces assez serré, de couleur brune rayée, comme on n’en met plus, se leva pour me saluer. Son âge était difficile à définir, mais j’étais certain qu’il avait dépassé la soixantaine. Il me tendit une main sèche aux doigts longs et squelettiques. Il avait le crâne dégarni, entouré d’une mini couronne de cheveux courts blancs jauni. Sa moustache grise était recourbée et haut perchée. Il ressemblait à Picasso avec les moustaches de Dali, un sacré mélange pensai-je, en réprimant un sourire. De temps à autre, ses yeux ronds d’une couleur grisâtre roulaient, comme des billes dans leurs orbites. Son regard transmettait une intelligence et plein de malice. Je me présentai en citant le nom de mon oncle dont je suis le neveu. Après un moment d’hésitation, il se souvint de ce nom…
— Vous êtes donc de la parenté de monsieur Henri Houde!
— L’avez-vous rencontré, docteur? Dis-je en me rendant compte du ridicule de ma question.
— Pas du tout. Mais, mon père, le docteur Régis de Mont Chevrier, a complété des rapports médicaux sur son cas. J’avoue que c’était un cas assez intéressant.
À la vue de l’expression de mon visage, il rajouta : « Excusez-moi, Monsieur?…
— Thibault, Alain Thibault.
— Oui, monsieur Thibault, excusez mon langage vis à vis de votre oncle. Il est vrai que nous les médecins, nous ne percevons pas les patients de la même façon que leurs familles…
Il me fit signe de le suivre dans une autre pièce. Elle était grande et ses murs, tapissés de velours bourgogne entrecoupé de rayures verticales aux motifs dorés, semblaient luxueux. Une grande peinture représentant un chevalier en armure ornait le mur du fond surplombant une petite cheminée. Le bureau se trouvait à la gauche en entrant. Deux gros fauteuils se faisaient face du côté droit. Une odeur d’épice agréable, mais capiteuse, embaumait l’endroit. J’essayai de la deviner mais j’en fus incapable.
— C’était quoi son cas alors? J’ai lu ses mémoires mais je vous avoue qu’il y a pas mal d’événements inexplicables, ainsi que des réflexions étranges, voire mystérieuses.
— Il nous faudra plus de quelques minutes pour aborder ce sujet. Voulez-vous boire quelque chose? Un petit whisky?
Je penchai ma tête en signe d’affirmation.
— Corinne, s'il vous plaît! Voulez-vous nous servir deux whiskys, dit-il en se retournant vers son assistante qui semblait ne pas le lâcher d’une semelle. Il m’invita alors, à m’asseoir dans un énorme fauteuil en cuir noir qui se mariait admirablement avec le reste du mobilier de style classique et élégant.
— Voyons voir, par où pourrions-nous commencer? Dit-il en s’asseyant dans l’autre fauteuil.
Je ne pouvais pas m’empêcher d’imaginer le cliché du psychologue ou du psychiatre, qui accueille son patient en l’invitant à s’allonger afin de lui faire raconter les événements de sa vie…
— Si on commençait par le début?
Tuesday, August 3, 2010
GRANDE NOUVELLE!
"Les Éditions Goélette" ont décidé de publier mon premier roman.
À suivre donc dans les prochains mois...
Un lien intéressant!
Monday, August 2, 2010
Extrait no 15 - Chapitre 4, suite...
— Écoutez madame, je vous appelle du Québec. Mon oncle est décédé après avoir vécu des faits bizarres. Je voudrais mettre de la lumière sur les causes de sa dégénération mentale.
— Je l’avais bien remarqué à votre accent. Voyez-vous, cette information complique un peu les choses. Puisque dans le cas de décès d’un patient, seul un procureur a le droit d’ouvrir le dossier médical. Nous sommes toujours tenus de garder le secret professionnel.
— C’est que…
— Écoutez, vous me paraissez bien sympathique, je vais donc faire de mon mieux pour vous aider ! Comment s’appelait votre oncle?
Je lui indiquai son nom. Elle me mit en attente quelques instants et me revint avec sa réponse :
— Merci de votre patience, j’ai de bonnes nouvelles ! J’ai vérifié avec le docteur. Vous avez de la chance car il accepte de vous recevoir après les horaires du cabinet. Pourriez-vous venir au cours de la semaine prochaine?»
J’indiquai à la secrétaire que j’y serais le mercredi suivant, en la remerciant de ses efforts.
Je pris l’adresse et les indications pour m’y rendre. Les préparatifs du voyage étaient restreints à cause du court délai, vu la rapidité de ma décision et la distance.
Il faut dire que je n’avais pas prévu d’entreprendre une telle action pour obtenir la réponse aux questionnements qui me hantaient depuis si longtemps. Finalement, cet appel me rendit service, en précipitant les choses et m’obligeant à prendre le taureau par les cornes, sans trop y réfléchir.
Il me fallait du cash très vite. En plus, toutes mes cartes de crédit frôlaient la limite du maximum autorisé. Je réussis à gager quelques instruments de musique, une chaîne stéréo, un équipement de ski et finalement, ma mère me dépanna avec 300 dollars.
Je communiquai avec une agence de voyages pour essayer de trouver un vol de dernière minute. Il me fallait arriver au plus vite sur place afin de me préparer au rendez-vous.
Deux jours plus tard, je me trouvai sur un vol en destination de Paris.
Friday, July 23, 2010
Wednesday, May 5, 2010
Message Important pour voir le dernier extrait!
Tuesday, May 4, 2010
Bande annonce du roman
Sunday, May 2, 2010
Extrait no 14 - Chapitre 4
Chapitre 4
Depuis le commencement de mes recherches, j’avais obtenu beaucoup d’informations que j’ignorais, et qu’on ne trouvait pas dans les livres d’histoire. J’ai rencontré différents types de personnes : des militaires à la retraite, des militaires actifs, ainsi que des psychologues et psychiatres.
Quand je commençais à parler de certains points cités dans le cahier et dans les manuscrits de mon Oncle, mes interlocuteurs avaient une réaction assez prévisible : me regarder d’un air inquiet qui en disait beaucoup sur ma crédibilité et leur sympathie pour l’état mental altéré de mon défunt Oncle.
J’avais décidé de diriger mes recherches sur une autre voie : prendre l’information aux sources. D’après ce que j’avais compris, mon Oncle aurait changé de comportement après son retour de la Première Guerre. Son isolement volontaire, son silence, sa tristesse… Cela s’était confirmé après avoir voulu s’enrôler pour la deuxième guerre. Or, tout s’était passé quelque part en Europe, plus spécifiquement en France ou en Belgique ou dans les deux pays. Si j’allais directement sur la scène de l’action ?
Un nom était mentionné sur le coin gauche de la page 48 : Docteur Régis de Mont Chevrier, sans précision supplémentaire. Pas de date, pas d’endroit non plus. Au vu du nom et de son emplacement chronologique, j’avais deviné que cette personne vivait quelque part en Europe.
— Cabinet du Docteur de Mont Chevrier, comment puis-je vous aider ?
— J’aimerais rencontrer le Docteur s'il vous plaît.
— Je n’ai pas de disponibilité avant un mois. Êtes-vous référé par un confrère ?
— En fait, je voulais voir le docteur Régis de Mont Chevrier. Est-ce bien son cabinet?
— Vous êtes bien à son cabinet, mais son prénom est Nicolas, pas Régis. C’est son fils, il pratique la même spécialité.
Elle me précisa que Docteur Régis était décédé depuis des années. Je fus déçu, mais non surpris. Le scénario était prévisible. La dame me suggéra de tenter ma chance avec le Docteur Nicolas.
— C’est que je voulais le voir pour une affaire personnelle, dis-je candidement.
— Tout le monde vient consulter pour des affaires personnelles, dit-elle avec une pointe d’humour sans sarcasme.
— Ce que je voulais dire, c’est que ce n’était pas pour une consultation pour moi-même, mais pour avoir des explications sur la dégénération que mon oncle a vécue. Mon oncle était peut-être un client de son père.
— Vous savez monsieur, que même si le docteur Régis était de ce monde, il n’aurait pas pu vous répondre à cause du secret professionnel…
Saturday, May 1, 2010
Exrait no 13, Chapitre 3, suite
Je le connaissais depuis 24 heures à peine et je ne voulais pas lui dévoiler le but principal de ma visite. D’après mon observation, Michel était un grand curieux... C’est souvent le cas dans les petites bourgades où les gens, surtout dans sa position, ne vivent pas au même rythme que dans les grandes villes. La visite d’étrangers suscite de la curiosité et représente une attraction inhabituelle qui garantie un sujet de discussion pour des soirées entières, en attendant d’autres nouvelles croustillantes.
— Je vous ai dit hier que mon oncle connaissait du monde dans le coin.
— Je vois que vous ne me faites pas confiance. Mais c’est pas grave. Je voulais juste vous proposer de l’aide si vous en aviez besoin, rétorqua-t-il avec une pointe de déception.
La situation était tellement délicate que je ne savais pas si je pouvais faire confiance au premier venu…
— Disons que pour le moment, j’ai surtout besoin de vérifier les moyens de transport d’ici.
— Ahhh! Il n’y a que l’autobus régional qui circule toute la journée, mais avec des horaires irréguliers. Vous devez vous en douter, pour les régions... Disons que le matin et vers 16 heures, aux heures de pointe, c’est toutes les 15 minutes. Ensuite, les circuits s’espacent jusqu’à devenir inexistant en milieu et fin de journée. C’est pas très fiable comme vous voyez.
— D’accord, j’en prends note! Merci.
— Et comme je vous l’ai raconté, les habitants n’aiment pas s’attarder dans les rues après le coucher du soleil... Et quand ils sortent, c’est toujours en voiture. ajouta-t-il après un moment d’hésitation. C’est plus pratique, plus fiable …et surtout plus sûr.
— Donc je devrai me trouver une auto de location, n’est ce pas?
— Oui, sauf que le bureau de location le plus proche est à 30Km d’ici.
— De mieux en mieux, dis-je avec une pointe de sarcasme.
— Mais Michel a toujours la solution! dit-il en tapant la poitrine. J’ai une vieille Peugeot 205 que je peux vous louer moins cher que les compagnies de location. Un prix d’ami quoi!
— J’imagine qu’elle n’est pas automatique!
Il fit un signe de négation de la tête tout en riant grassement.
— Non... vous trouverez pas d’automatique ici mon ami. Cette Peugeot est un bijou, elle ne consomme presque rien et elle est très fiable!
— Ok, on y va pour la 205 alors.
Il me fallait une carte géographique de la région pour faciliter mes déplacements. La seule librairie du coin se trouvait à une quinzaine de kilomètre de là.
Heureusement Michel me prêta une mini carte de la région avec les routes principales et départementales en attendant que je m’en procure une.
Finalement, je me décidai à le mettre un peu dans les confidences, car sans son aide jusqu’à présent, mon arrivée dans ce pays aurait été plus difficile.
— A vrai dire Michel, j’ai un rendez-vous mercredi, avec un médecin qui habite pas très loin de votre village.
— N’avez-vous pas de médecin au Québec? ajouta-t-il avec une pointe de malice dans la voix.
— C’est un peu compliqué. Je peux juste vous dire que c’est quelqu’un qui avait connu ma parenté, durant la Guerre de 1914.
Fin du 3eme chapitre
Friday, April 30, 2010
Extrait no 12 - Chapitre 3
Chapitre 3
Après une courte nuit, je me levai de bon matin, pour commencer à prendre contact avec la population afin d’obtenir des informations supplémentaires sur les réalités ou les anecdotes historiques couvrant la période de
J’étais conscient que la tâche ne serait pas facile, les gens qui ont participé à
Il était dix heures. Je me retrouvai sur la place principale. Mon lieu de passage presque obligatoire étant le Café de
L’odeur du café frais moulu et des petits croissants me chatouillait les narines. Mon petit déjeuner vite avalé, quelques clients étaient installés au comptoir. Michel était occupé à servir, derrière son trône, les retardataires encore présents dans l’établissement. Il me fit un signe de la tête en guise de bonjour. En attendant qu’il se libère, je m’installai à une table éloignée y feuilleter le journal local : un tournoi de soccer, un rallye moto dans le coin, la visite du maire à une maison de retraite… Rien que des banalités.
Une demi-heure plus tard, le maître des lieux s’approcha de moi.
— Alors, la nuit a été calme monsieur Alain, avez-vous bien dormi?
— Oui, quoique assez courte à mon goût, répondis-je. Je ne suis pas tout à fait remis du décalage horaire.
— Voulez-vous faire un tour dans le village avec moi? L’heure de pointe est passée, Madeleine s’occupera des clients, lança-t-il en se penchant vers moi. On pourrait faire une petite marche ensemble.
— Je ne voudrai surtout pas vous déranger, et puis, s’il vous plait laissez tomber les Monsieur, vous pouvez m’appeler par mon prénom : Alain.
— D’acc. Comme vous le voulez mon ami, Alain.
Il se dirigea vers la porte en me faisant signe de le suivre. Sa démarche tranquille contrastait avec l’intensité du travail qu’il venait de livrer pour satisfaire ses clients. Cela m’incitait à l’imiter, tellement il dégageait de la bonne humeur.
Nous marchions côte à côte lorsqu’il se retourna vers moi :
— Dites-moi, Alain, sa voix avait un ton d’hésitation que je ne reconnaissais pas. Si c’est pas trop indiscret de ma part, à qui venez-vous rendre visite?
***
Thursday, April 29, 2010
Extrait no 11 - Chapitre 2, Suite... et Fin
Quelques minutes plus tard, nous sortions de sa chambre. En avançant dans l’allée du jardin bordée de bosquets fleuris, je tournais ma tête et aperçus mon Oncle, seul dans son fauteuil, devant la fenêtre, fixant toujours l’horizon… son horizon. Ce fut la dernière fois que je le vis conscient.
Fin du deuxième chapitre
Extrait no 10 - Chapitre 2, Suite...
A cet instant précis, Oncle Henri commença à changer de comportement : Il écarquilla des yeux terrifiés et se mit à trembler, puis, il se balança d’avant en arrière. Ses mains crispées si fortement à son cahier qu’il a dû se faire mal aux articulations. Des gémissements s’échappèrent de sa bouche.
Je me sentis mal à l’aise d’avoir provoquer une telle réaction. Je ne savais plus où me mettre.
— N’ais pas peur, Oncle Henri. Il n’y a pas de danger. Personne ne te veut du mal! On ne te fera pas de mal! dit ma mère en utilisant un ton de voix calme et rassurant, sans succès. Oncle Henri lâcha le cahier de ses genoux, ferma les poings et les portant d’une façon mécanique de chaque sur les oreilles, avec ses cris aigus qui remplissaient la pièce.
Ma mère s’agenouilla près du fauteuil.
— Ne t’inquiète pas Oncle Henri, intervint-elle en lui caressant le dos de sa main. Tout va bien! Il n’y a plus de danger. Il n’y a que moi et mon fils, Alain. Nous sommes ta famille. Tu t’en souviens, n’est ce pas?
La voix familière de sa nièce commença à faire son effet. Ses poings s’abaissèrent, le balancement ralentit et la plainte se réduisit à une sorte de ronronnement grave.
Une fois calmé, ses yeux gris opaques se posèrent sur ses cuisses, fixant son cahier. Un bourdonnement presque imperceptible sortait de la bouche.
Ce n’était qu’un murmure, une faible turbulence, qu’on pouvait prendre pour des psalmodies. Cependant on en détectait quelques mots : danger … mourir …loin…
Lentement, Oncle Henri releva la tête, et regarda ma mère de ses yeux vides qui semblaient s’illuminer faiblement, à présent. Il pointa d’un doigt tremblant le ciel, puis la terre, et se mit à tordre son cahier dans tous les sens.
Il s’éloignait à nouveau, on le sentait. Il replongeait en lui même. Ma mère continua de lui parler à voix basse. Elle lui chanta même des berceuses, comme on le fait aux enfants, tout en lui caressant doucement ses mains osseuses, pour l’aider à se détendre. Mais son moment de lucidité avait disparu, si on pouvait considérer ses psalmodies comme de la vivacité, n’était qu’éphémère… Il était trop loin.
Wednesday, April 28, 2010
Extrait no 9 - Chapitre 2, Suite...
J’avais commencé par fouiller dans ses livres et ses notes, y découvrant des théories farfelues, et d’autres plus crédibles, brillante de pertinence. Quelques ouvrages étaient intéressants. J’avais classé les coupures de journaux relatant des faits inexpliqués qui s’étaient déroulés au Canada et dans le monde entier, avec un ou plusieurs points communs : les endroits du globe terrestre où il y a des vortex d’énergie. Mais aussi d’autres histoires concernant des êtres hybrides. Il m’était difficile de distinguer lesquels étaient réels parmi toutes les supercheries ou les explications naturelles, d’autant plus que certains des événements relatés étaient anciens.
Tout cela était incompréhensible pour moi, car je ne voyais pas le rapport entre son vécu et ses études d’un coté et l’altération de sa santé et de son état mental, de l’autre. Est-ce que les deux étaient liés
Je rendais toujours visite à mon oncle, mais le nombre des visites s’était multiplié après la découverte des œuvres et des sujets qu’il avait commencés à étudier.
Le 5 juin, ma mère et moi étions allés le voir. Il était assis dans son fauteuil face à la fenêtre, avait maigri tel un épouvantail décharné flottant dans son pyjama gris à rayures bleues. Le regard inexpressif, les yeux fixant un point au loin... Physiquement il était là, mais son esprit était ailleurs. Il semblait tout seul dans ses pensées. De temps à autre, son regard glissait sur ses mains qui tenant son cahier corné, sur ses genoux.
— Bonjour Henri, dit ma mère de sa voix mélodieuse.
Oncle Henri nous regarda à peine.
Je décidai de le provoquer :
— Vous avez une formidable collection Mon Oncle!... Je ne savais pas que vous étiez intéressé aux langues anciennes.
Toujours le même silence de sa part.
Ma mère me regarda d’un air interrogatif voulant savoir où je voulais en venir, car nous n’avions pas parlé d’évoquer ce sujet avant d’arriver chez lui.
— J’ai vu vos pictogrammes, continuai-je. Là, son regard changea, il sembla revenir à la réalité. Il me fixa de ses yeux clairs comme du cristal mais je n’arrivai pas à cerner ses émotions. On aurait dit deux nuages brumeux. J’avoue, ajoutai-je, que c’est surprenant de voir que vous écrivez avec des symboles!
Tuesday, April 27, 2010
Extrait no 8 - Chapitre 2, Suite...
Le jour où nous avions commencé à vider la maison, je m’étais proposé de prendre soin du grenier, et je ne fus pas déçu. Je montai les marches qui y menaient. Je découvris au fur et à mesure une grande pièce, de la surface de la maison entière, avec des poutres, des traces de laine de verre, de la poussière et des toiles d’araignée. Arrivé à la dernière marche, l’endroit m’offrit un spectacle insolite :
Un amoncellement de livres empilés sur des étagères rudimentaires accrochées aux murs. Il y avait des centaines de volumes, enchevêtrés.
Au milieu de ce capharnaüm, une grande table antique supportait des tours d’ouvrages au dessus desquels, stagnait une lampe accrochée au plafond. Je m’approchai, tirai la chaînette métallique allumant l’ampoule aux lueurs timides. Des livres anciens et récents se côtoyaient dans un méli-mélo, certains encore ouverts, comme si le consultant avait été surpris sans pouvoir rien ranger.
Dans ce fouillis, je découvris des coupures de presse, des notes manuscrites et des dessins qui ressemblaient à des hiéroglyphes, des pictogrammes ou quelques symboles qui m’étaient inconnus. N’étant pas expert en la matière, je ne pouvais distinguer la provenance de ces signes.
Ça et là, jonchaient par terre des feuilles de papier chiffonnées, ainsi que d’autres colonnes de livres de toutes les tailles et épaisseurs. Il ne restait plus de place sur les étagères.
Qu’est ce qu’il faisait de tout cela? Je savais qu’il adorait lire, mais je découvris, qu’il faisait des recherches historiques et qu’il apprenait une langue ancienne. Ce qui me surprit car il disait toujours en parlant des étrangers :
« Ils n’ont qu’à apprendre not’ langue!! » en désignant le français avec fierté vis-à-vis de l’anglais ou toute autre langue...
D’un commun accord avec la famille, je décidai de garder ses livres en pensant qu’il serait content de savoir que ce serait moi qui les garderais, étant son petit-neveu préféré… J’avais profité de la surface qu’offrait la cave de la maison de ma mère, où j’habitais à l’époque, pour stocker ce bazar. Pendant mes temps libres, je m’attelais à la tâche de classer les livres par sujet, puis par ordre alphabétique pour les répertorier par la suite. Mais ceci n’était chose facile.
***